"Sous un maillot qui se porte avec fierté, si tu le portes; il faudra le mouiller !" Fan's Club Fribourg Gottéron

28 avril 2026

À Fribourg, même les privés proposent un «Public Viewing» gratuit

 


Vous n’êtes pas à Davos ce soir, mais vous ne voulez pas suivre le match tout seul devant votre bulle? Les possibilités sont multiples dans une ville de Fribourg qui vit à l’heure du hockey depuis… toujours. Car cette cette finale contre Davos passionne. Le choix est énorme, mais nous avons sélectionné deux endroits pour vibrer en groupe. Il y a bien sûr le match sur l’écran central dans la BCF Arena. 

La dernière fois, on a estimé à 3’000 spectateurs l’affluence dans les gradins. Et puis il y a les solutions alternatives et totalement privées comme celle que propose… l’Auto-Moto École de la Poya dans sa salle de théorie (Rte de Beaumont 16, Fribourg), avec deux écrans: un pour le match et un pour les statistiques. Bière à discrétion, mais places limitées: il faut s’annoncer auprès de Alain Wyss au 079 / 954 15 13. Un autre manière de fêter au sein de la… famille Gottéron.

planetehockey.com

Cette fois, c'est la der pour Julien Sprunger à la BCF Arena

 

Le 1255e match de Julien Sprunger sous le maillot de Fribourg-Gottéron constituera, à coup sûr, sa dernière apparition sur la glace de la BCF Arena. Ce mardi soir (coup d'envoi à 20h), le sixième acte de la finale des play-off de National League entre les Dragons et le HC Davos va assurément offrir son lot d'émotions au public fribourgeois.

D'un côté, les hommes de Roger Rönnberg patineront pour rester en vie et conserver leur rêve de premier titre national intact. Obligés de l'emporter pour prolonger le suspense dans cette série au meilleur des sept matches (les Grisons mènent 3-2), l'emblématique capitaine et ses partenaires vont devoir décrocher leur premier succès de la finale devant leurs supporters.

101e guichet fermé consécutif

Ils pourront compter sur une patinoire en ébullition, qui affichera complet pour la 101e fois de suite. À n'en pas douter, les fans fribourgeois auront prévu en avant-match une animation à la hauteur de l'événement, les Dragons n'ayant jamais été aussi proches du sacre depuis 2013 et leur défaite en finale contre le voisin bernois (4-2 dans la série).

Treize ans plus tard, Julien Sprunger est donc toujours là. Le porteur du No 86, qui avait eu droit à l'un des plus beaux tifos de l'histoire du hockey sur glace suisse fin mars lors du quart de finale contre les SC Rapperswil-Jona Lakers, est bien déterminé à prolonger sa fantastique carrière d'une partie supplémentaire et à forcer le «Rekordmeister» à livrer une bataille supplémentaire, ce jeudi, à l'occasion d'un septième acte qui serait alors tout bonnement irrespirable.



Auteur de trois points depuis le début de la finale, dont le but décisif en prolongations lors du troisième duel, l'attaquant de 40 ans tient son rang, et a même su élever son niveau de jeu au meilleur des moments. L'ancien international suisse va-t-il toutefois être rattrapé par l'émotion, ce mardi soir, à l'occasion de son ultime présence sur une glace qu'il a découverte il y a plus de deux décennies, dans une patinoire qui s'appelait encore Saint-Léonard?

Une chose est sûre: les adieux avec son public de toujours vont être absolument grandioses, encore plus si Fribourg-Gottéron parvient à battre le HC Davos au terme de ce sixième acte couperet. L'occasion serait alors unique, ce jeudi, pour Julien Sprunger, 876 points cumulés pour les Dragons, de soulever le trophée dans la cathédrale grisonne, là-bas même où il a remporté son seul titre en carrière, lors de la Coupe Spengler 2024.

Chris Geiger

27 avril 2026

Ils ont fait quatre fois le tour de la terre pour voir Gottéron

 


Prêts pour le match
Jean-Bernard et sa fille Stéphanie, fans inconditionnels de Fribourg-Gottéron, 
font chaque jour de match le trajet vers la BCF Arena depuis Genève
Image: watson


Il est 15h30, vendredi, en région genevoise. Stéphanie, 36 ans, termine le travail. Sa collègue a juste le temps de la ramener chez elle, dans la commune de Puplinge (sud-est du canton), qu'une grosse voiture noire débarque. C'est son père, Jean-Bernard, 67 ans, qui passe la prendre. A l'arrière, sur un siège pour enfant, des maillots et des écharpes siglées Fribourg-Gottéron.

Direction Fribourg, donc. Ces deux fans ont l'abonnement à la BCF Arena. Et pas question de louper un match de Gottéron! Faire l'aller-retour entre le bout du lac et les terres fribourgeoises, ce n'est pas éprouvant, à la longue? «J-B» n'a pas l'air de le penser. Il a fait le calcul:

«On fait 8000 kilomètres par année»

Jean-Bernard

Fribourgeois d'origine, il prenait déjà son vélomoteur lorsqu'il était ado pour aller voir les matchs à la patinoire des Augustins, en basse-ville de Fribourg. La passion pour le club ne l'a jamais quitté, même lorsqu'il a débarqué dans le canton Genève pour le travail, à la fin des années 1980.

Un premier match à trois ans

Si J-B a d'abord fait les trajets de manière irrégulière, il a fini par prendre un abonnement en zone debout au milieu des années 2000. Depuis qu'elle est toute petite, Stéphanie a fait les trajets avec son père. Elle a longtemps été accompagnée par sa grande sœur, Vanessa, qui est revenue dans le canton de Fribourg en 2012.

«J'ai vu mon premier match à l'âge de trois ans»

Stéphanie

De même, l'histoire continue puisque Stéphanie vient parfois aux matchs avec sa fille Léa, qui a elle aussi vu son premier match à l'âge de deux ans.

Un bref calcul s'impose: 8000 kilomètres par année sur vingt ans, c'est 160 000 kilomètres engloutis en voiture. Si on y réfléchit autrement: Jean-Bernard et Stéphanie ont déjà fait — au moins — quatre fois le tour de la terre pour voir leur équipe de cœur.

Ils ne sont pas «passés» à Servette

La voiture s'engage dans la circulation de la ville de Genève. Rive gauche, pont du Mont-blanc, rive droite, puis direction le canton de Vaud. «Quand il y a des manifestations, c'est compliqué», explique J-B. Stéphanie joue la copilote — «C'est toujours lui qui conduit!» — et vérifie la circulation sur le chemin. «Ca devrait aller aujourd'hui, même si le trafic sera un peu dense autour de Vevey», analyse-t-elle en regardant son téléphone.

En grandissant dans le canton de Genève, ce n'était pas toujours simple pour Stéphanie, notamment à l'école, quand Genève-Servette est monté en National league, en 2002.

«Avant ça, on me demandait des maillots signés par Slava Bykov. Après, on me traitait de paysanne!»

Stéphanie

Mais elle n'a jamais renié son équipe pour autant. Quitte à devoir subir quelques railleries de collègues au travail. «Quand Genève a gagné en 2023, mes collègues ont pendu un maillot de Servette en face de mon bureau. Mais pour tout dire, j'étais contente pour eux!», dit-elle.

«D'autres Fribourgeois qui ont déménagé à Genève sont "passés" à Servette. Mais pas nous»

Jean-Bernard

Et quand Gottéron vient jouer contre Genève-Servette à la patinoire des Vernets, les deux prennent des billets côté visiteurs. Sans parler de quelques matchs occasionnels dans d'autres villes de Suisse. Depuis que Jean-Bernard est à la retraite, il a aussi plus de marge pour partir quand il le souhaite.


Tous les chemins mènent à Fribourg

Nous sommes désormais à hauteur de Nyon. Jean-Bernard a changé One FM pour Radio Fribourg. Le bulletin autoroutier est écouté religieusement. Les deux connaissent tous les chemins possibles pour arriver avec le moins de retard possible à la BCF Arena. «A partir de Lausanne, si l'autoroute est bloquée, on bifurque direction Yverdon, ou alors on prend la route de Berne», explique Jean-Bernard.

«Quand ce n'est pas à cause des travaux, c'est les accidents»

Stéphanie

Lorsque la route est carrément bloquée sur la Côte à cause d'un accident, les deux n'hésitent pas à passer au sud du Léman, côté français, et remonter vers Fribourg via St-Gingolph et Villeneuve. Se retrouver bloqué sur la route, c'est le scénario catastrophe pour arriver à l'heure à la patinoire.

Une fois passé le «tobogan», entre Vevey et Châtel-St-Denis, on arrive dans le canton de Fribourg. Au fait, pourquoi ne pas décider de prendre le train? «C'est vrai qu'on voyage tranquillement et on est sûr d'arriver à l'heure», admet Stéphanie, qui l'a déjà fait quelques fois.

«Mais le problème, c'est la fin du match»

Stéphanie

En cas de prolongations, il faudrait partir avant le coup de sifflet final pour arriver à rentrer à la maison. «Depuis Cornavin, il me faudrait encore 45 minutes de transports publics, ou alors je dois prendre un taxi. C'est beaucoup plus pratique avec la voiture», explique-t-elle.

Arrosés de bière (et pas que)

A hauteur de la sortie Fribourg-Nord, Stéphanie reçoit un message de Vanessa — elle aussi a un abonnement — qui vient voir le match depuis Bulle. «Il reste 43 places de parking, on devrait y arriver», dit-elle. Quand on arrive en retard, difficile de trouver une place de libre dans le secteur du plateau de Saint-Léonard. J-B rassure:

«Mais on a tous nos coins»

Jean-Bernard

Depuis que les deux ont l'abonnement en places assises — «il a fallu être sur liste d'attente durant cinq ans» —, le timing est moins un problème. En zone debout, il fallait encore attendre «au moins une demi-heure» pour la fouille obligatoire. S'ils étaient déjà en retard à cause de la circulation, ils n'étaient alors «jamais sûrs d'être bien placés».

Désormais, «on voit très bien le match, mais vu qu'on est assis à côté du secteur adverse, on se fait parfois arroser de bière», lâche Stéphanie. Jean-Bernard l'assure:

«En plus, certains supporters bernois pissent dans leurs gobelets»

Jean-Bernard

Un café au troisième tiers-temps

La voiture arrive à la patinoire peu après 18h et il reste de la place au parking. Une heure d'avance, c'est le timing parfait pour prendre un verre avec leurs amis, devant la patinoire. Puis direction l'intérieur, où père et filles se retrouvent avec une partie de la famille restée en terres fribourgeoises.

Ce soir-là, Gottéron perdra face à Davos (0-1). Père et filles seront même capturés par les caméras de la patinoire. Jean-Bernard n'aura pas manqué de «prendre un petit café» durant le troisième tiers-temps, histoire d'être en forme pour rentrer. A nouveau 150 kilomètres à faire, soit un petit trajet de plus vers le cinquième tour de la terre pour aller voir Gottéron.

Alexandre Cudré

Ils ont fait Payerne - Fribourg à pied

Des dizaines de supporters ont relié à pied, vendredi après-midi, Payerne à la BCF Arena
Les Black Eagles en marche pour Gottéron
Charly Rappo


Fribourg-Gottéron est en mission. Ses supporters aussi. Des dizaines d’entre eux avaient répondu à l’appel des Black Eagles, l’un des trois fan-clubs broyards, hier après-midi. Leur mission, relier Payerne à la BCF Arena à la force des mollets, avant l’acte IV de la finale contre Davos. Au départ, l’ambiance est survoltée, le soleil radieux, idéal pour marcher. Revêtus de tee-shirts bleus et maillots autour de la taille, les fans sont chauds et scandent déjà les «Ici c’est Fribourg» et «Au titre».

Une marche similaire avait été organisée en 2013, année de la dernière finale disputée par les Dragons

Le cortège ne passe pas inaperçu, suscitant la curiosité des automobilistes et des vaches. A sa tête, Sébastien Tappy, initiateur de l’événement. «La plupart des participants ont pris congé, c’est magnifique cette ferveur!» Le Broyard avait organisé la même marche symbolique en 2013, année de la dernière finale disputée par les Dragons. L’attente pour en vivre une nouvelle aura été interminable. «Depuis, la barbe est grisonnante et j’ai choppé du ventre», admet celui que rien ne prédestinait à être fan de Gottéron. «A la base, je viens d’une famille pro-Lausanne. Quand j’étais gamin, mon papa m’avait emmené voir un match à Fribourg. Ce jour-là, Fribourg avait gagné 6-0 contre le LHC. Je lui avais dit qu’il était hors de question de supporter son équipe. Depuis, je suis devenu accro à Gottéron.»

Le plus grand drapeau

Plus loin, Fabien Ansermet exhibe un drapeau à la taille impressionnante. «C’est le plus grand de la patinoire», dit-il fièrement. «On a fabriqué un truc pour soutenir le poids du mât. C’est bien plus agréable à porter. Il faut juste faire attention aux fils électriques et aux arbres.» Exilé à Fleurier par amour, le Broyard d’origine ne rate pas un match et a transmis le virus à ses deux filles de 11 et 3 ans. «La dernière adore venir. Bon, en général, elle dort à partir du deuxième tiers. Je dois la porter d’une main et de l’autre le drapeau. Quand Gottéron marque, je la lance à un camarade pour déployer la bannière.»

Mathieu Studer est lui aussi un fidèle supporter. En 2013, son fils Mathéo, 15 ans, était alors dans la poussette. «Il m’accompagne aujourd’hui, avec ses frères Nino, 13 ans, et Léo, 11 ans, qui ont utilisé leur congé joker pour venir, ça fait plaisir de les voir prendre le relais», savoure-t-il.

Une longue attente

Les kilomètres défilent. Le soleil commence à taper. Pas de quoi décourager les courageux marcheurs. «Je suis prêt à transpirer et à prendre un coup de soleil pour insuffler de l’énergie à l’équipe. Aux joueurs de faire le reste», confie Patrick Schopfer, président du fan-club. L’habitant de Gletterens attend le titre depuis 1980, comme Paul Andrey et Doris Lenweiter, fans de la première heure. «On est affamés», soufflent les deux supporters, fiers de voir enfants et petits-enfants suivre leurs traces. «Ce fan-club, c’est une grande famille!»

Gottéron champion. Quelles folies ces fans invétérés seraient prêts à faire si ce rêve devenait réalité? «Je n’y ai pas vraiment réfléchi», glisse Sébastien Tappy. «Je ne me fixe aucune limite», affirme Patrick Schopfer. «Je suis capable de tout. J’ai arrêté mes vacances il y a trois semaines pour suivre les demi-finales», ajoute-t-il. «On va tous faire une connerie, c’est probable, mais ce sera improvisé», annonce Mathieu Studer.

Accompagnés dans les derniers kilomètres par un concert de klaxons et d’encouragements, les Black Eagles ont rejoint la BCF Arena après 20 km et cinq heures d’efforts. Fatigués. Mais pas assez pour ne pas crier et encourager leur équipe de cœur à gorge déployée.

Alain Schafer

laliberte.ch