"Sous un maillot qui se porte avec fierté, si tu le portes; il faudra le mouiller !" Fan's Club Fribourg Gottéron

5 mai 2026

Ma vie de mascotte



Rencontrer un dragon, quand on n'en a pas vu depuis longtemps, est toujours intimidant. Pour avoir une petite idée de ce qui nous attend, ce vendredi après-midi à Fribourg, on demande à celui qui lui prête vie chaque soir de match de nous parler un peu de son meilleur ami. «Si je devais présenter Augustin, je dirais que c'est un dragon un peu foufou, commence-t-il sans vouloir nous rassurer. Il est un peu capricieux, aussi. Il aime bien faire des bêtises et n'écoute pas toujours ce qu'on lui dit. Cette saison par exemple, on lui a demandé de ne pas grimper sur les bandes autour de la glace, mais il le fait tout le temps. Il lui est même arrivé de tomber sur les photographes. Et puis, il aime bien faire des farces.» Ce sacré farceur a 5 ans mais il en fait 27 ou l'inverse. Il a été adopté par Fribourg-Gottéron en 2013. Il a fallu trouver une personne capable de le comprendre et de l'aimer; de ne faire qu'un avec lui.

Comme ce n'est pas si simple de s'occuper d'un gros dragon vert, ils furent deux à s'en partager la garde puis, dès 2015, il n'y eut plus que lui. «Au début, il m'a fallu quelques matches avant d'avoir le caractère d'Augustin.» Dans la peau du dragon, il ne serait donc pas tout à fait lui-même? «Sa folie, elle lui appartient. Je ne suis pas comme ça tous les jours, et heureusement. Cela dit, il a quelques traits déjantés qui sont les miens. À l'école primaire, j'étais extrêmement timide. Puis j'ai commencé le théâtre et suis devenu plus à l'aise. J'adore amuser la galerie et interagir avec les gens. Je travaille d'ailleurs dans le social.»

Intervenant en protection de l'enfant, il lui arrive de rencontrer des jeunes fans de Gottéron qui lui parlent du dragon facétieux de Saint-Léonard. «Ils me disent qu'il est drôle et fou, ce qui me fait sourire en coin. Ils parlent de lui sans savoir que c'est moi. Il y a un petit côté Batman.»

«Dans sa peau, je suis un autre»

Le costume transforme. Sublime. «Quand je me glisse dans la peau du dragon, je suis un autre. Parfois, après une journée de travail, ça m'embête d'aller au match. J'ai l'impression de ne pas avoir une bonne énergie. Mais les supporters ne le voient pas derrière mon masque. Ils ne se doutent de rien. Eux, ils ont le même engouement, la même énergie. Ils me font rapidement entrer dans mon personnage. C'est fou, l'effet des gens en face.»

«On me fait beaucoup de commentaires sur ma queue. Je comprends qu'elle puisse faire des jaloux, voire des envieuses» Augustin

Augustin est le seul de la patinoire à rencontrer les spectateurs de tous les secteurs les soirs de match, ce qui lui donne une vision quasi sociologique des tribunes. «Gottéron, c'est une grande famille. Il y a une mixité assez énorme. Toutes les classes sociales se mélangent pour la même cause: leur équipe. Que les gens soient malades, qu'ils aient des problèmes à la maison ou au travail, ils viennent à la patinoire pour passer un bon moment. Je le ressens. J'ai envie de leur faire partager un moment de bonheur; ça me booste.» Toute la difficulté, pour la mascotte, est de savoir s'adapter à celui qui se trouve en face. «De se mettre sur la même fréquence que l'autre», glisse Augustin.

100 francs la prestation

Face à une petite fille émue aux larmes de le voir, il se montrera doux et attentif. «Et avec les grands enfants, ce sera encore différent.» Le ton se fait soudain malicieux. «On me fait beaucoup de commentaires sur ma queue. Je comprends qu'elle puisse faire des jaloux, voire des envieuses.» Le dragon en joue sans vergogne. «Augustin embrasse facilement les demoiselles qui viennent le câliner.» C'est cependant moins la susceptibilité des maris jaloux que celle des supporters adverses que cet adepte des bisous avec la langue (fourchue) doit gérer. «Le plus souvent, il n'y a aucun problème.

Mais contre Ambri, il y a deux ans, ça s'était moins bien passé. Les fans m'avaient arrosé de bière, et je leur avais répondu en leur faisant un signe, disons, d'agacement, ce qui avait eu le don de les irriter davantage. Malheureusement pour moi, j'étais pile dans l'axe de la caméra. La vidéo avait circulé. Mais les dirigeants du club ne m'avaient pas viré!»

Ils savent trop la chance qu'ils ont de pouvoir compter chaque soir de match sur un dragon qui pète le feu pour un salaire qui part vite en fumée (100 francs).

«Je le fais par passion. De toute façon, personne ne ferait Augustin pour l'argent, ça n'en vaudrait pas la peine vu le temps que ça prend.» Presque cinq heures par soir en comptant les trajets, et sans voir le match. «Seulement des séquences», observées de loin à travers un filet noir cousu dans la gorge de l'animal. Un crève-cœur pour cet amoureux de hockey? «Non. Je suis de toute façon dans l'ambiance, oppose-t-il. Et en tant que mascotte, on a l'impression de jouer un rôle.»

Lequel, justement? Le dragon est-il un sixième homme ou un sixième joueur? «Je me vois comme un trait d'union entre l'équipe et les supporters. Ce qui est certain, c'est que les gens n'en veulent pas à Augustin quand Fribourg perd. Dans le même temps, la mascotte est une figure du club. On me demande souvent des infos sur l'équipe, mais je ne sais vraiment pas grand-chose. Même si, depuis cette année, j'ai un numéro. Le un, pour Augustin.»

«Quand Fribourg perd, les gens me disent: «Va voir jouer avec eux!» Ou encore: «Va les secouer dans le vestiaire!»

Même s'il ne joue pas, ce dragon aux poignées d'amour et de crème double finit toujours aussi fatigué que les hockeyeurs. Parce qu'il doit courir dans les rangs serrés de la patinoire avec un costume lourd (la tête) et encombrant (la queue). «Je prends quelques moments de pauses durant les matches, admet-il. Je vais dans un vestiaire boire un coup et reprendre mes esprits avant de retourner au charbon.»

Lorsqu'il se défait de sa peau verte, tard le soir, il se dit content de se retrouver en lui-même.

Secrètement amoureux de Calvina

Quand le costume est trop lourd à porter, se met-il à rêver d'être aérien comme un aigle genevois ou agile comme un lion lausannois?

«Je n'aurais pas aimé faire autre chose que dragon», dit-il en riant, avant de nous faire une petite confidence: «Augustin a un petit amour secret pour Calvina (ndlr: la mascotte de Genève-Servette). Calvin n'est pas très content, même si on sait tous que c'est un amour impossible.»

L'idylle est née lors du «mascottes show», un événement qui rassemble les figures iconiques des clubs en marge d'un match de l'équipe nationale. «Cet événement a toujours été organisé à Genève. Quand la nouvelle patinoire sera terminée à Fribourg, ce serait bien qu'on puisse l'accueillir. Comme ça, je pourrai présenter les lieux à Calvina…»

Il faudra que ce soit bientôt, alors. Car cet humain si dragon, qui rempile chaque saison, ne pourra pas continuer à faire vivre Augustin seul tout en poursuivant son activité professionnelle à 100%. Mais sera-t-il d'accord de partager son meilleur ami? «Bien sûr, soutient-il. Quand nous étions deux il y a cinq ans, je trouvais même supersympa car l'autre personne amenait des idées que je n'avais pas eues, et inversement.»

Ce qu'il souhaite, surtout, c'est que «l'esprit d'Augustin perdure». Parce que tout le monde le sait: «Un dragon, ça peut vivre très longtemps.»

Julien Caloz

24heures.ch

Glauser devrait manquer le début du prochain championnat

 

La page du titre pas encore tournée pour l'équipe fribourgeoise qui va partir faire la fête à Ibiza - hormi ceux appelés en équipe de Suisse -, il est cependant déjà temps de regarder vers la saison prochaine pour ce qui est du staff.

Avec tout de même deux inquiétudes au niveau des blessés, puisque comme l'a révélé Gerd Zenhäusern à La Liberté, Sandro Schmid fera au mieux son retour en septembre, alors qu'Andrea Glauser devra lui patienter quelques mois de plus.

swisshabs.ch

4 mai 2026

Le portrait des héros de Fribourg Gottéron

 

Voici le portrait des héros fribourgeois


Reto Berra (39 ans)

Un gardien de but classique, un homme tranquille. Son chien est tout aussi chill que lui. Un inside: il a déjà fait connaissance avec une bouche d'incendie. Il a trois maillots de match parce qu'il transpire beaucoup pendant les rencontres. Il perd jusqu'à trois kilos de poids corporel en un seul match.


Loïc Galley (23 ans)

Calme. Déjeune toujours tard les jours de match. Même trop tard. On le lui a déjà fait remarquer.


Juuso Arola (26 ans)

Le Finlandais n'a joué qu'un seul match avant les play-off, une situation certainement difficile pour lui. Malgré tout, il s'est bien intégré. La plupart du temps très silencieux, mais quand il raconte quelque chose, c'est très intéressant.


Andrea Glauser (30 ans)

Je réfléchis encore à ce que je vais faire des pins que j'ai collectés aux Jeux olympiques de Milan. Je me suis découvert une passion pour les Lego. J'aime les figurines. Dernièrement, j'ai assemblé un lapin. Pour mon fils, une fois un dinosaure et pour ma fille une licorne. Je tapais sur les nerfs de tout le monde à la maison parce que j'étais très nerveux pendant les play-off.


Benoît Jecker (31 ans)

Il se fait très souvent et volontiers poser une question par l'entraîneur Roger Rönnberg, par exemple un mot-clé pour l'entraînement à venir. Ses réponses spontanées font souvent rire. On dit de lui qu'il est un bon cuisinier, je n'ai jamais été invité.


Ludvig Johnson (19 ans)

Il n'a que 19 ans, il ne peut pas le cacher. Il est très insouciant. Le défenseur joue de manière insolente, mais sinon très correcte.


Michael Kapla (31 ans)

Un professionnel modèle. L'Américain investit beaucoup de temps dans l'échauffement avant les entraînements et les matches, chaque muscle fait l'objet d'une attention particulière. Accorde une grande importance à l'alimentation.


Patrick Nemeth (34 ans)

Le Suédois est une pipelette. Si tu veux avoir une conversation tactique sur le système de hockey avec lui, tu obtiens une histoire sans fin en guise de réponse. Un nerd du hockey qui anticipe beaucoup sur les mouvements de jeu.


Yannick Rathgeb (30 ans)

Lorsqu'il y a quelque chose à organiser, il prend immédiatement en charge cette tâche. Il a préparé un livre d'information pour les nouveaux étrangers avec les meilleurs endroits de Fribourg, les terrains de golf, les terrains de jeu… Il a aussi aménagé notre lounge dans le vestiaire.


Simon Seiler (29 ans)

Il est toujours allongé par terre dans notre salle de fitness et écoute quelque chose avec des écouteurs. Je ne lui ai jamais demandé quoi, mais cela ressemble à quelque chose de méditatif lorsqu'il est allongé au milieu de tous ceux qui s'échauffent. Une personne réfléchie. Il étudie le droit.


Maximilian Streule (22 ans)

Un Zurichois typique avec une grande gueule, c'est gentil. Il a l'air féroce, mais il ne l'est pas du tout.


Christoph Bertschy (32 ans)

Un de mes meilleurs amis et mon beau-frère. Je sais beaucoup de choses sur lui, mais je ne peux pas tout révéler. Il est superstitieux. Il a sa routine lorsqu'il s'agit d'enfiler l'équipement, il va chercher un pain au chocolat après le repas. S'il lui arrive d'inviter des gens à un match et que nous perdons, il n'invitera plus ces personnes.


Attilio Biasca (23 ans)

Un bourreau de travail. Se rend (trop) souvent au gymnase. Très avide d'apprendre. Aime avoir le palet, ce qui est un bon point fort. Ne perd ses nerfs que lorsqu'il conduit et jure alors en italien. J'ai vraiment eu peur la première fois que j'ai été son passager.


Henrik Borgström (28 ans)

Un type ouvert avec un sourire permanent. Lorsqu'il a traversé une période de baisse au début de l'année, il a dû faire des heures supplémentaires. Cela s'est avéré efficace, il s'est ensuite à nouveau épanoui sur la glace.


Jacob De La Rose (30, Suède)

Un leader qui rend chaque coéquipier meilleur. Pour ainsi dire, le «père» de sa ligne avec Reber et Gerber. Il a conseillé à Jeremi Gerber de changer de numéro de dossard après la dernière saison sans but – du 34 au 61 comme Rick Nash.


Jan Dorthe (20 ans)

Plutôt calme en tant que personne. Il souffre d'une intolérance au gluten et a souvent sa propre nourriture avec lui. S'il devait participer à une fête, il aurait besoin de bière sans gluten.


Jeremi Gerber (26 ans)

Notre clown à la pause. Un point fort et un enrichissement pour l'équipe. Quand on arrive de mauvaise humeur dans le vestiaire, il raconte une anecdote ou une histoire de la vie et fait rire tout le monde. De plus, il a découvert une nouvelle fonction: il peut parler à sa Tesla.


Nathan Marchon (29 ans)

Le caissier de l'équipe. Il travaille dans une banque et maîtrise donc parfaitement les finances de l'équipe. Il faut cependant toujours le relancer plusieurs fois pour connaître le montant de l'amende que l'on doit payer.


Kevin Nicolet (23 ans)

Fait partie de la clique des jeunes Romands. Le jour du match, il mange toujours du poisson et prend une douche avant le match pour être bien réveillé. Il lit des livres, le dernier étant «La Psy» de Freida McFadden.


Ty Rattie (33 ans)

Le plus silencieux des silencieux. N'a joué que les deux premiers matches de play-off contre Rapperswil, a bien géré la situation difficile des étrangers dans l'équipe. Avant cela, il a passé quatre ans en Suède, à Linköping, mais n'y a plus trouvé sa place après un changement d'entraîneur.


Kyle Rau (33 ans)

Sur la glace, c'est notre pitbull. J'aime son style de jeu, il fait tomber tout ce qui se trouve sur son chemin. Et il lui arrive de sortir une blague de nulle part avec sa voix aiguë. Il a été le gamechanger en quart de finale contre Rappi.


Jamiro Reber (19 ans)

Son père Jörg m'a fait venir à Langnau en 2018, alors qu'il était directeur sportif. Grâce à son fils, je le revois de temps en temps. Jamiro est un travailleur, comme on s'imagine un Emmentalois. Il devrait toutefois faire un peu plus d'heures pour avoir des avant-bras plus larges.


Marcus Sörensen (34 ans)

Il a l'air distant, mais quand on apprend à le connaître, on découvre le petit malin qui se cache en lui. Comme la plupart des Suédois, il se rend toujours à la patinoire en trottinette électrique. Mange toujours à la même heure à midi et toujours des spaghettis bolognaises.


Sandro Schmid (25 ans)

Le leader né. Dit toujours ce qu'il pense et ne se cache pas. A fait des immenses progrès. C'est un adversaire pénible. Nous sommes amis, j'ai joué autrefois avec son frère aîné et je connais aussi ses parents. Il prépare le baccalauréat. Récemment, il a obtenu un 2,5 comme note. Après cela, l'enseignante s'est aperçue qu'il n'avait pas rempli le bon examen.


Julien Sprunger (40 ans)

Le dieu du hockey fribourgeois. Une légende, un professionnel modèle. S'occupe de tout le monde en tant que capitaine. Il fait tous les jours ses exercices de renforcement du tronc et dit qu'il veut continuer à le faire après sa carrière. On lui dit souvent qu'avant, les analyses vidéo étaient en noir et blanc.


Lucas Wallmark (30 ans)

Doté d'un QI de hockey prononcé. Avec sa barbe de play-off, il a l'air d'un viking, il a la plus belle de toutes. Il se rend à l'entraînement à pied, car c'est moins dangereux que la trottinette électrique.


Samuel Walser (33 ans)

Le Soleurois a déjà été champion en 2015 avec le HC Davos et avait alors marqué un but important en prolongation lors de la finale contre le ZSC. Il apporte beaucoup à son attaque.

Nicole Vandenbrouck 

Stephan Roth

blick.ch

"L'année la plus difficile est celle après le titre"

 

Une victoire tant attendue, et après ? Le président sortant de Gottéron, Hubert Waeber, raconte la nuit du titre, les choix qui l'ont rendu possible, et ce qu'il reste encore à construire.

Est-ce que vous auriez pu imaginer une telle fin ?

Je l'avais imaginée, espérée, presque visualisée. Pourtant, au deuxième et troisième tiers, j'avais beaucoup de soucis et je me suis dit que ça allait être difficile. Quand on est arrivé en prolongation, je me suis dit que de toute façon, il faut de la chance — et s'il y a quelqu'un qui la mérite, c'est Gottéron, après 46 ans. Là, je me suis calmé, persuadé qu'un de nos joueurs allait mettre cette rondelle au fond. Et c'est arrivé. Sensationnel.

Qu'est-ce que ça représente pour toute l'organisation ?

Une satisfaction énorme. On avait établi un plan en 2019, avec une vision claire: aller chercher le titre d'ici 2025. Beaucoup de gens m'ont dit qu'on n'avait pas les moyens, ni la patience. Des joueurs comme Berra, Glauser ou Bykov sont venus chez nous parce qu'ils ont cru en ce projet. La pandémie nous a retardés d'une année, mais un an de retard, c'est normal.

Qu'est-ce qui a fait la différence cette saison par rapport aux années précédentes ?

La profondeur de banc. L'an passé, en demi-finale contre Lausanne, deux blessés suffisaient à fragiliser toute l'équipe. Cette année, on savait qu'on avait cette largeur. La troisième et la quatrième ligne ont bossé comme la première et la deuxième — c'est ça qui a fait la différence. Des joueurs qui n'étaient pas des éléments clés au départ le sont devenus pour la finale. Et ça, ça ne s'improvise pas: en cinq ans, le budget du moment junior est passé de deux à trois millions de francs. Les Ladies, qui n'avaient pratiquement aucun budget, disposent aujourd'hui de 300'000 francs. La nouvelle patinoire nous a permis de tout élever progressivement.

C'est votre dernière saison comme président. Quel message laissez-vous à vos successeurs ?

L'année la plus difficile, j'ai toujours dit que ce sera celle après le titre. Tout le monde a tout donné et une fois l'objectif atteint, on se demande ce qu'on vise désormais. Ma réponse est claire: le but doit être d'aller chercher le deuxième titre, le troisième, le quatrième. On a bâti une organisation capable de se battre chaque année dans le top quatre. Il y aura des saisons où tout s'aligne comme cette année et on enchaînera.

Il y a eu des critiques sur les prix des billets. Que répondez-vous ?

Je comprends tout à fait. Je me rends compte qu'une soirée à la patinoire en famille, ça coûte. Mais on n'a pas de mécène. Pour jouer en haut du classement, on a besoin de ce budget, et ce budget repose sur nos fans et nos sponsors. C'est grâce à eux qu'on est là, et je leur en suis profondément reconnaissant.

Et pour vous, la suite ?

Gottéron restera mon club de cœur. Je vais quitter le conseil d'administration, mais je reprends la présidence de la Fondation Gottéron. On a de grands projets: du développement du hockey dans tout le canton, un travail d'archives, et un musée Gottéron. Pas une simple vitrine de maillots et de bâtons, mais un espace vivant, avec de la 3D, des dispositifs immersifs. Le projet avance depuis deux ou trois ans déjà. Et pour ma succession à la présidence, je suis pleinement serein. Mon vice-président est prêt, l'organisation tourne. Je suis très confiant que ça va bien continuer.

Vincent Dousse

RadioFr.ch

«Ce n'est pas facile de pleurer devant des milliers de gens»

 


Julien Sprunger a rêvé de cela durant des années. Ce samedi, le No 86 a défilé dans les rues de Fribourg en compagnie de ses coéquipiers. La foule était immense, entre l'Université de Miséricorde et la BCF Arena.

Arrivée sur le parvis de l'enceinte fribourgeoise, l'équipe a été célébrée comme il se doit par des dizaines de milliers de fans. Julien Sprunger, capitaine emblématique et désormais à la retraite, a eu droit à une vidéo remplie d'émotions, avec l'apparition de ses parents, de sa femme et de ses enfants.

Julien, tu te rends compte que tout le monde a pleuré en voyant la vidéo qui te rend hommage.

J'avoue que je n'ai pas vu tous les gens autour de moi. J'étais tellement dedans. J'ai laissé le côté émotionnel de côté pendant des semaines et des semaines. Quand tu vois tes parents, tes enfants, ça va droit au cœur. Ça m'a vraiment touché au plus profond. Ça te rappelle d'où tu viens, ce que t'as fait. C'était très très beau, très intense. C'est clair que c'est jamais facile de pleurer devant des dizaines de milliers de personnes. Mais c'était incroyable.

Julien Sprunger a eu de la peine à retenir ses larmes sur la scène


J'imagine que tu t'étais fait des films, en te disant que si on gagne un jour, la fête sera belle en ville. Ça ressemblait à ça?

La dernière fois que j'ai parlé de ça, c'était quand on était en 2013 contre Berne. On était revenus à 2-2 dans la série. On s'est dit que si on gagnait le prochain match, on avait un puck de série. Tu imagines ce qu'il y a dans la ville, la folie. Depuis, je ne me rappelle pas en avoir parlé. Imaginé, bien sûr. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, depuis le moment où on est montés dans ce camion, c'était complètement fou. Il y avait un monde! C'était malade et irréel. Honnêtement, de partir et de finir là-dessus, c'est incroyable.

Et même dans ton imagination, tu voyais autant de monde dans les rues de Fribourg?

Non, non. Je n'avais que la Saint-Nicolas comme moyen de comparaison. Tu vois sur la place en bas avec la cathédrale qui est pleine. Mais autant de monde, non. J'avais l'impression que non seulement tout Fribourg était là, mais aussi tout le canton. J'ai vu tellement de monde que je connaissais de loin. Il y avait tant de maillots, tant de gens heureux. C'était fou.

Normalement, c'est le genre de scènes qu'on voit quand une équipe gagne la Ligue des champions.

C'est vraiment ça. J'ai en souvenir la parade des Champs-Élysées, quand la France est devenue championne du monde en 1998. Même les gars qui ont gagné dans un autre club disent que c'est incroyable. Moi, je n'ai pas de point de comparaison (rires). Le vivre une fois, c'était magique.

Ça valait le coup de ne jamais se tirer de ce club?

De ne jamais partir, mais surtout de faire une année de plus.

Le capitaine a enfin pu soulever le trophée


Il y a un moment dans la cérémonie que tu as préféré durant la parade, qui t'a marqué?

La place Georges-Python était déjà tant remplie… mais l'arrivée à la cathédrale. C'était symbolique. D'être là au milieu, avec cette communion, c'était magique. J'ai essayé de m'imprégner de chaque instant. C'était complètement fou.

Tu n'es pas trop déçu de ne pas avoir fêté sur la cathédrale, comme tout le monde l'imaginait?

Je vais postuler pour être Saint-Nicolas l'année prochaine, j'y arriverai. Franchement, je ne m'étais jamais imaginé tout ça. Le club a organisé ça d'une manière extraordinaire, la ville aussi. Aujourd'hui, le mot «déçu» ne fait pas partie de mon vocabulaire.


Matthias Davet

blick.ch