HC Fribourg - Gottéron
"Le dragon est une légende, les légendes ne meurent jamais"
22 avril 2026
On a retrouvé le bouc émissaire de Fribourg-Gottéron
Il était l’un des meilleurs gardiens de son époque. Mais le 16 juillet 1950, lors du dernier match de la Coupe du monde, Moacyr Barbosa encaisse deux buts dans le stade du Maracanã à Rio, construit spécialement pour l’événement, devant plus de 200 000 spectateurs. Le Brésil s’incline 1-2 face à l’Uruguay, qui décroche le titre mondial. Le pays sombre alors dans une profonde dépression. Une tragédie nationale.
Le gardien Moacyr Barbosa devient le bouc émissaire. Il confiera un jour:
«Pour un meurtre, on est gracié après vingt ans. Moi, j’ai écopé de la perpétuité»
Moacyr Barbosa
Une figure de Gottéron rappelle Moacyr Barbosa. Dans les années 90, les Dragons ont perdu la finale des play-offs trois fois de suite (1992, 1993 et 1994). Le bouc émissaire porte un nom: Dino Stecher. L’un des meilleurs gardiens de son époque a lui aussi été condamné à une forme de «perpétuité», une sanction avec laquelle il a depuis longtemps fait la paix. Pour preuve, en cas de 6e match à la BCF Arena le 28 avril prochain, Dino Stecher sera dans les tribunes.
«Je le vois comme ça: c’est grâce à moi que nous avons atteint la finale à trois reprises, et pas à cause de moi que nous l’avons perdue trois fois», dit-il, d'un air détaché.
Dino Stecher reconnaît toutefois qu’à l’époque, il n’avait pas pris les choses de la même manière:
«La première finale, en 1992 contre Berne, c’était avant tout l’apothéose de la saison, une immense fête. Le fait de ne pas avoir décroché le titre comptait finalement peu. Un an plus tard, lors de la deuxième finale contre Kloten, c’était vraiment autre chose: les attentes étaient élevées, et la déception d’autant plus grande.»
«Lors de la troisième finale, en 1994, à nouveau face à Kloten, nous n’avions aucune chance. J’étais déjà désigné comme bouc émissaire. C’était comme si tout le monde s’attendait à la défaite. Comme on savait déjà que j’en porterais la responsabilité, cela semblait intéresser personne.»
On a rarement vu, dans le hockey moderne, un joueur être ainsi enfermé dans le rôle de bouc émissaire. Dino Stecher se souvient:
«A un moment, je n’en pouvais plus. Dans ces conditions, je n’avais plus d’avenir à Gottéron. Je suis allé voir le président pour lui demander de résilier mon contrat de manière anticipée, alors qu’il courait encore sur une saison.»
C’est ainsi qu’à l’été 1994, il rejoint le ZSC – qui ne s’appelait pas encore les ZSC Lions. Non sans une part de manœuvre habile en coulisses: «Le président m’a dit: "D’accord, on met fin au contrat. Mais il nous faut une bonne raison. Tu dois expliquer que tu pars à cause de l’entraîneur". J’ai refusé de donner cette explication».
Le gardien a ainsi quitté Fribourg par la petite porte, sept ans après une arrivée relativement inattendue. Dino Stecher ne devait pas jouer à Gottéron puisqu'il s’était déjà engagé avec Lugano. Mais le président fribourgeois de l’époque, Jean Martinet, était venu le chercher en hélicoptère pour des négociations. Le jeune homme, impressionné, avait finalement changé ses plans et rejoint le HCFG.
L’entraîneur s’appelait Paul-André Cadieux. Quand Dino Stecher évoque cette période, une chose transparaît clairement: il appréciait son coach. «"Pole" n’était pas un grand psychologue. Mais c’était une autre époque.» Ce qui lui manquait en finesse, il le compensait largement par l’exemple et la passion. «Et il a toujours été honnête et direct.»
«Cadieux ne pouvait pas faire autrement»
Mais comment expliquer qu’un entraîneur ne soit jamais remis en question après trois finales perdues d’affilée? Sans doute parce que Paul-André Cadieux, décédé à l’automne 2024 à l’âge de 77 ans, était une véritable icône du hockey suisse. Sa légende s’était construite à Berne, où il avait remporté quatre titres en tant qu’entraîneur-joueur. A Fribourg, ville épiscopale, un jeu de mots circulait: «On pense Cadieux». Une formule inspirée du «On ne pense qu’à Dieu».
Dino Stecher estime que le problème tenait à une orientation résolument offensive. Une philosophie largement dictée par Slava Bykov et Andrej Khomutov. Ces deux attaquants soviétiques, parmi les meilleurs du monde, ont enflammé la ligue dès l’automne 1990, tournant à leurs meilleures périodes à près de deux points par match. Tous deux ont depuis été naturalisés et vivent dans le canton de Fribourg.
«Paul-André est encore aujourd’hui le seul entraîneur de notre hockey à avoir voulu gagner un titre avec un jeu purement offensif. Ce n’est tout simplement pas possible. Les championnats se gagnent par la défense. Mais il ne pouvait pas faire autrement: nous avions deux des meilleurs attaquants du monde dans l’équipe…», avance Dino Stecher.
Un match résume à lui seul cette folie offensive, et vaut à Stecher un record unique: il reste à ce jour le seul gardien à avoir encaissé huit buts tout en remportant une rencontre de play-offs. Le 2 mars 1991, Gottéron s’impose 8-9 lors du quatrième quart de finale à Ambri (4-5, 1-2, 3-2). Le président Jean Martinet vit la fin de rencontre accroupi dans la tribune de presse, incapable de regarder davantage son gardien encaisser but sur but. Après le 8-7, les chronométreurs d’Ambri laissent même filer quelques secondes à chaque arrêt de jeu, tentant de préserver leur avantage jusqu’au bout.
Ces souvenirs, Dino Stecher les évoque alors que nous sommes assis au restaurant du Campus Perspektiven, où évolue le finaliste de la MyHockey League (Hockey Huttwil). Notre interlocuteur dirige les lieux depuis plusieurs années. Après des passages mouvementés comme entraîneur et assistant à Bienne, Olten et Bâle, il semble enfin avoir trouvé sa place.
Klaus Zaugg
21 avril 2026
Unanimité: «Trop d’erreurs», «Match à oublier», «Simplifier notre jeu»
Réduire la défaite fribourgeoise à un départ catastrophique – deux buts encaissés en quatre minutes – serait trop facile. Oui, le match a mal commencé. Mais le problème est plus profond. Fribourg a surtout payé son manque de discipline et son incapacité à concrétiser ses temps forts. «Je ne pense pas que l’on fait un mauvais match, mais quand tu dois patiner après le score tout le match, ce n’est pas évident», analyse Nathan Marchon. L’attaquant fribourgeois met le doigt sur le vrai tournant: courir après le score change tout. «À 5 contre 5, on a montré un bon visage, mais on est un peu trop indiscipliné dans le premier tiers et dans le troisième tiers où ça a cassé le rythme.» Propos corroborés par Simon Sweiler: «Trop d’erreurs!»
Car une fois devant, Davos a déroulé son plan. Bloc compact, neutral zone verrouillée, et Fribourg contraint de forcer le jeu. «Quand une équipe mène de deux buts, elle peut se concentrer entièrement sur la défense. Les Grisons ont bloqué la zone neutre et effectué un bon travail pour freiner notre vitesse», confirme l’entraîneur Roger Rönnberg. Qui continue: «Avec un power-play efficace, je pense qu’on aurait au moins été en prolongation (…) On doit tirer davantage. Simplifier un peu notre jeu. Ce n’est pas une question de joueurs. C’est une question de discipline».
«Un but aurait vraiment pu nous relancer, mais malheureusement on n’a pas réussi à mettre le puck au fond», regrette Michael Kapla. «Notre état d’esprit, c’est de s’améliorer à chaque match. Et notre devise, c’est que le meilleur match est le prochain.» Dans le vestiaire, le message est déjà tourné vers la suite. «Il faut déjà oublier», reprend Marchon. «On ne s’attendait pas à une série facile. Il faut le bon état d’esprit à Davos.» Et malgré la frustration, un brin d’optimisme subsiste: «Durant les quarante dernières minutes, on était meilleur. On a poussé, mais cela n’est pas entré.»
19 avril 2026
Un comportement inadmissible qui doit être puni durement
Depuis que je fais ce métier, j'ai l'impression que l'on cherche toujours à minimiser, excuser ou tenter de comprendre les gestes des spectateurs commettant des actes répréhensibles. Tantôt le service de sécurité n'est pas suffisant. Tantôt les infrastructures ne sont pas à la hauteur. Bref, il y a toujours une bonne raison de se comporter comme un crétin dans une arène sportive.
Ce samedi soir, le HC Davos a vu l'un de ses fans dépasser la limite. Non pas pour s'en prendre à des supporters adverses, mais directement à l'équipe de Fribourg Gottéron. En toute impunité et sans être le moins inquiété du monde, il a pu escalader un Plexiglas et cracher sur le banc des joueurs.
Il a pu rester en équilibre durant plusieurs secondes, redescendre avant de remonter pour une nouvelle salve envers les joueurs de Fribourg Gottéron, énervant même le toujours très stoïque Benoît Jecker. C'est dire...
Il a fallu attendre encore bien quelques secondes avant qu'un bénévole ne vienne doucement le raccompagner vers le haut des gradins. La sécurité? Absente. Le comportement de cette personne est intolérable. L'absence de sécurité est inacceptable.
Pendant ce temps une poignée de spectateurs en provenance des places debout a quitté son secteur avec la volonté d'approcher du banc de l'équipe de Fribourg Gottéron. Une barrière a permis d'éviter que cela ne dégénère là aussi.
Le HC Davos a failli. Son service de sécurité n'a pas été à la hauteur. Ce sont des choses qui arrivent et fort heureusement, l'incident n'a fait aucun dégât, hormis un dégât d'image monstre pour le hockey suisse. Ce qui est arrivé ce samedi soir est grave et doit être traité de la sorte par le club grison. Sans la moindre excuse ni tentative d'explication pour ce geste.
Ce spectateur belliqueux doit être interdit de stade sans ménagement ni tentative de minimiser son geste. Les fans qui ont quitté le secteur pour aller menacer le banc fribourgeois doivent être identifiés et également punis sévèrement. Si les dirigeants grisons ne prennent pas ce cas au sérieux, il ne faudra pas s'étonner que les patinoires deviennent toujours plus des zones de non-droit.
Gregory Beaud
Le coach’s challenge courageux et décisif de Rönnberg et son Staff
Pour prendre un coach’s challenge à 1’31 du terme de la partie, à 3-3, alors que les arbitres avaient validé une première fois la réussite de Lemieux à 6 contre 5, il faut disons, beaucoup de courage. Car si les deux arbitres principaux étaient restés sur leur décision, Gottéron aurait écopé d’une pénalité mineure et risqué très gros, avant même le début de la prolongation.






