"Sous un maillot qui se porte avec fierté, si tu le portes; il faudra le mouiller !" Fan's Club Fribourg Gottéron

17 avril 2026

A Fribourg, l’espoir et la folie ont un nom: Gottéron


«On a campé toute la nuit pour des billets à la finale de Gottéron»


Il est neuf heures, Fribourg s'éveille. La brume se lève lorsque le train Regio me pose à l'arrêt Poya, qui donne sur le plateau de Saint-Léonard. Au loin, la cathédrale se dresse fièrement. Et devant la BCF Arena, ce jeudi, une longue file s'est déjà formée. Avec un mot sur toutes les lèvres: Gottéron.

Pour espérer décrocher un ou deux billets pour les matchs à domicile de la finale, il fallait se lever tôt. Et les quelque 400 personnes présentes de bon matin devant la patinoire le savent.

La preuve en vidéo

 


«Cette fois, les gens y croient»

Hans, 75 ans, vient d'arriver. «Je suis monté en moto depuis Morat», explique cet habitué qui vient aux matches depuis que l'équipe est montée en Ligue nationale A (l'ancêtre de la National League), en 1980. Il est surpris par la longueur de la file. Des agents de sécurité ont même été dépêchés sur place, dès 6h.

«Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde, la billeterie ouvre à 13h...»

Hans

Hans a bien fait de débarquer tôt. Derrière nous, d'autres personnes continuent à affluer. Mais il tient à assister à au moins un des matches de la finale. Et voir les Dragons remporter pour la première fois le titre national.

«Cette fois, les gens y croient»

Hans

Hans est un habitué
Image: watson


Il espère arriver à avoir des tickets et me montre son téléphone: il est présent sur un groupe Whatsapp, avec une dizaine d'amis, où ils s'échangent les tickets que l'un ou l'autre arrive à dégoter.

«L'abonnement, c'est assez cher»
Hans

Quatre heures dans la file

Si le retraité a pu venir sans se poser de questions, qu'en est-il des autres personnes présentes? «Nous sommes jeudi, c'est un jour de travail», dis-je sur le ton de la conversation. Devant nous, une femme se retourne et lâche immédiatement:

«Mais les gens ont pris congé pour venir ici!»
Noémie

Enfin, pour la plupart. Lors de cette journée de reportage, certains se seront quelque peu cachés alors que je dégainais mon téléphone pour prendre des photos. Mais pour ces fans, Gottéron, ça passe avant tout.

Le club «déconseille» de venir dans la file

Au fait, combien de billets sont en vente? L'enjeu est stratégique: «On ne communique pas sur le nombre de billets», nous répond le club, qui a d'ailleurs «déconseillé de venir se rajouter à la file d'attente existante».

La file s'étend sur le plateau de Saint-Léonard.
Image: watson


La file s'est stabilisée. Noémie et ses amies, Anne et Jocelyne, posent des chaises de camping et se préparent à attendre pour les quatre prochaines heures. «On est parqué comme du bétail», lâche Jocelyne. Derrière, la file s'allonge encore, comme pour le concert d'une superstar. Jocelyne rigole:

«Mais je ferais pas ça pour Taylor Swift!»
Jocelyne

La plupart veulent leurs billets pour eux-mêmes, mais d'autres ont la fibre collective. Anne, maillot de Gottéron sous le pull, explique: «J'ai l'abonnement, mais je viens prendre des billets pour les autres». Et Jocelyne de répondre: «Voilà de la belle dévotion!» Nouvel éclat de rire parmi les copines.

Anne va prendre des billets pour ses proches.
Image: watson


Comme Hans, cette fois-ci, les filles y croient. Anne me montre le clip réalisé par l'artiste Gaëtan Brügger, «C'est l'année du titre», qui fait un petit carton parmi les supporters de l'équipe:




Cette année, ce sera donc celle du titre? 

«Oui, je crois», dit Anne. «On est posés» Remontons la file de supporters. A une douzaine de mètres de l'entrée, ce groupe d'étudiants en pleine partie de chibre est bien posé: tables basses, gobelets de café, et même une petite lampe. 

Quentin rigole: 

 «Il fallait bien un peu de lumière pour voir les cartes, on est arrivé ici à 3h ce matin» 
Quentin


Un chibre au soleil, quoi de mieux?
Image: watson


Le calcul semble bon, puisque le groupe est bien parti pour avoir ses billets. Et contrairement au reste de la file, restée dans l'ombre de la salle omnisports de Saint-Léonard, Quentin et ses potes profitent du soleil matinal.

«On est bien posés, c'est parfait»
Quentin

Les amis discutent en jouant. «Cette année, je la sens bien», lâche Alexis, en face. Il déroule: «Lors de la dernière finale en 2013, c'était plutôt une surprise. Mais là, ça fait des années que le club vise ouvertement le titre et tous ces efforts sont en train de payer.» Tout comme Hans, il sort cette phrase qu'on aura beaucoup entendu jeudi:

«Du coup, cette fois, on y croit beaucoup plus»
Alexis


L'accès au guichet est dans leur tente

Mais alors, qui sont donc les premiers à être arrivés? A l'entrée du stade, sous l'inscription «tickets», une large tente est déployée. C'est tout un petit groupe qui s'est réuni là pour être sûrs d'être les premiers. Parmi eux, Laurent et Lionel.

Laurent et Lionel sont au taquet
Image: watson


«En 2013, j'ai loupé des billets pour la finale contre Berne, cela m'est resté en travers de la gorge», indique Lionel. Cette fois-ci, rien n'a été laissé au hasard. Le groupe s'est préparé la veille et a débarqué à 19h. Une heure plus tard, la tente était montée. Mais l'effort en valait la peine.

«Quand on est passionné, on fait ce qu'il faut»
Lionel

Un autre fan qui attendait dans la file vient leur quémander une Cardinale. Puis, Lionel m'interrompt: il est 10h et les pré-ventes en ligne vont commencer. Toutes les occasions sont bonnes pour essayer de collecter autant de billets que possibles pour la finale. A côté de lui, Laurent rigole à la main:

«Le serveur va surchauffer. Imagine s'il grille...»
Laurent

Lionel, lui, est concentré. Mais quelques minutes plus tard, soulagement: des billets ont pu être achetés en pré-vente. Il ne reste plus qu'à attendre 13h pour acheter encore deux billets physiques. A l'intérieur de la tente, une ouverture a été prévue. L'employé qui ouvrira la fenêtre à 13h pourrait bien être surpris.

Impossible n'est pas fribourgeois
Image: watson


D'ailleurs, les quelques 400 personnes qui attendent vont-elles devoir passer à travers la tente pour acheter des billets? Les deux compères et leurs amis sont-ils condamnés à attendre la fin de la vente pour plier bagage? «La sécurité va sûrement nous demander de déplacer tout ça avant la vente», analyse Laurent, lucide. Et de rajouter:

«J'ai hâte de retrouver mon matelas!»
Laurent

Mission accomplie: à 13 heures pile, Lionel sera le tout premier fan à pouvoir acheter ses deux billets. On lui souhaite une bonne finale!

Bingo!
Image: watson

Alexandre Cudré

Sprunger et Fribourg ont « les armes pour bousculer » Davos

 

L'attente a trop duré. Fribourg-Gottéron veut briser sa malédiction face au HC Davos et à ses 31 titres dès samedi, après avoir perdu ses quatre premières finales de play-off en National League.

'C'est l'année ou jamais pour moi, pas pour Gottéron', avait lâché à Keystone-ATS le futur retraité et emblématique capitaine fribourgeois Julien Sprunger avant le début du quart de finale face à Rapperswil-Jona. N'empêche que l'occasion est trop belle pour ne pas la saisir, même si la jeune équipe du coach Roger Rönnberg devrait aussi avoir son mot à dire lors des années à venir.

Davos a certes impressionné tant au cours de la saison régulière, bouclée avec 17 points d'avance sur son dauphin Gottéron, que lors des play-off, dans lesquels ils n'ont perdu que deux matches (un face à Zoug, un autre face au double tenant du titre Zurich). Mais 'on a les armes pour les bousculer', assure Julien Sprunger, interrogé à l'issue de la demi-finale face au GSHC.

Et pour cause: Gottéron affiche un bilan de deux victoires pour deux défaites face à la troupe du coach Josh Holden dans le championnat régulier. Les Dragons ont gagné deux fois à domicile, et se sont inclinés deux fois dans la 'cathédrale' grisonne. Ils y ont tout de même subi une troisième défaite cette saison, en demi-finale de la Coupe Spengler.

'Ca va faire des heures de car', sourit le no 86. 'Je pense que Davos est l'équipe à battre. On a eu de gros matches pendant la saison contre eux, on a perdu cette demi-finale de Coupe Spengler (3-1). C'est vraiment une excellente équipe. Davos sera le favori aussi dans cette finale', souligne-t-il plus sérieusement.

'Mais on n'a vraiment rien à perdre, on va vraiment essayer de tout donner', enchaîne le quadragénaire, pour qui la pression est légèrement retombée après ce quart de finale de tous les dangers face à Rappi (victoire au match no 7, en prolongation). 'J'étais beaucoup plus calme dans la série face à Genève', glisse-t-il.

'J'ai réussi à me concentrer sur le hockey. Toutes ces émotions étaient très intenses, et je m'étais un peu perdu dans tout cela. En demi-finale j'ai vraiment essayé de profiter à fond, de donner tout ce que j'avais. Je me sentais beaucoup plus libre et beaucoup mieux sur la glace', assure-t-il.

'Presque la fin rêvée'

Cette insouciance et cette légèreté, les Dragons en auront bien besoin en finale. Le spectre des quatre finales perdues (deux face à Berne, en 1992 et 2013, deux face à Kloten, en 1993 et 1994) rôde toujours du côté de St-Léonard. Surtout celui de la finale de 2013, abordée avec l'avantage de la glace.

Julien Sprunger n'a pas de souvenir des finales des années 90. 'J'étais trop petit, j'avais 4-5 ans', rappelle-t-il. Le scénario de celle de 2013 est en revanche encore bien présent dans son esprit. Il se remémore ainsi tout d'abord l'après-finale: 'Voir l'adversaire soulever la coupe, c'est toujours difficile'.

Pas question de s'infliger les mêmes images 13 ans plus tard. 'Quand tu te qualifies pour une finale, je crois que tu n'as qu'une envie, c'est d'aller au bout et de gagner', lâche-t-il. 'Avec la saison qu'on a eue, avec les play-off qu'on a réussis jusqu'à maintenant, on sent qu'on a un potentiel. On a cette ambition d'aller au bout. Donc on ne pense qu'à la victoire', assure-t-il.

Julien Sprunger a bien l'intention de savourer chacun des derniers moments de sa carrière. 'C'est assez extraordinaire de pouvoir jouer une finale lors de ma dernière saison. Avec cette qualification, c'est presque la fin rêvée. C'était pour ça qu'on s'est battu, qu'on a travaillé. Je pense qu'on l'a mérité grandement, et on en profite à fond', explique-t-il encore.

Un impressionnant 29-3

L'ancien international suisse est conscient que le public fribourgeois peut aider l'équipe à soulever des montagnes. 'Nos supporters sont de toute façon là, le lundi, le mardi, le mercredi, à n'importe quel mois de l'année. On doit profiter de ces moments aussi. Je peux en témoigner: ça fait quasiment 25 saisons que je joue, c'est seulement notre deuxième finale', souligne-t-il.

Malgré le soutien sans faille de son public, Gottéron n'affiche pas un bilan si impressionnant que cela à St-Léonard: 26 succès pour sept défaites, dont deux concédées en quart de finale face à 'Rappi'. Le HC Davos est en revanche quasi intouchable à domicile en championnat: 29 victoires, pour trois revers.

Or, pour triompher, il faudra gagner au moins une fois en terre grisonne, où le dernier échec du HCD remonte au 28 février face à Kloten. Dans le vestiaire fribourgeois, on se souviendra toutefois qu’on avait gagné à trois reprises à Davos en 2024/25, notamment en demi-finale d'une Coupe Spengler que les Dragons avaient remportée 24 heures plus tard.

ATS

«On ne joue pas pour Julien Sprunger, mais pour Gottéron»

 

Mercredi, toute la presse réunie à l'entraînement de Fribourg Gottéron semblait ne vouloir parler qu'à une personne: Julien Sprunger. Logique, en un sens, puisque le capitaine des Dragons va disputer la finale pour sa dernière «quête» en carrière. Durant plus d'un quart d'heure, «Mr Gottéron» - comme l'a appelé un confrère bernois - a raconté ce qu'il vivait et comment il le vivait. Ce n’est plus vraiment son histoire. Pas uniquement. À quelques jours de sa dernière finale, Julien Sprunger a vu quelque chose changer: Fribourg ne joue plus pour lui, mais avec lui.

Après un premier tour très tendu contre Rapperswil avec des émotions négatives, le changement est radical et les Dragons ne jouent pas pour ne pas perdre comme face aux Saint-Gallois, mais pour gagner. De quoi être plus serein du côté de Julien Sprunger… sauf lorsqu'il a dû rester chez lui pour un match lors de la série face à Genève. Lors de cette interview, c'est lui qui a posé la première question.

Julien Sprunger: Au début de ma carrière, tous les journalistes écrivaient ce que je disais. Vous enregistrez tous?

On dirait. Et avec la nouvelle technologie, on n'a même plus besoin de tout retranscrire manuellement.

Bientôt, vous n'aurez plus besoin de faire des interviews… Bon moi, c'est pour tout bientôt (rires).

Plus sérieusement, à quelques jours de la finale, dans quel état d'esprit es-tu?

Pour l'instant, on est encore assez calmes. On a eu deux jours de congé, ça a fait du bien de couper, surtout mentalement. Aujourd'hui (ndlr mercredi) c'était presque une remise en route, retrouver la glace, les sensations. Les vraies discussions sur Davos commencent maintenant.

Couper mentalement, c'est vraiment possible dans un moment pareil? J'imagine que tout le monde ne te parle que de ça...

C'est ça le piège. Même si toi tu essaies de faire abstraction, tout le monde t'en parle. Tu ne peux pas nier que tu y penses. Une finale, c'est une finale. Mais on essaie de rester focalisés sur ce qu'on peut contrôler: le prochain match, pas la fin de l'histoire.

Après la qualification, tu as dit que cette finale était méritée. Pourquoi?

Parce qu'on l'a construite. Sur 52 matches, on finit deuxièmes. On a battu tout le monde. Et surtout, on est allés la chercher. On sort Genève, une équipe contre qui on avait de la peine en play-off. Personne ne nous a fait de cadeau.

En début de saison, tu parlais déjà de titre. Tu y croyais vraiment?

C'était un objectif, oui. Tu peux demander à toutes les équipes, elles seront 10 ou 12 à en parler avant la saison. Mais il y avait beaucoup d'inconnues: nouveau coach, nouveaux joueurs… Tu ne sais jamais si la mayonnaise prend. Mais au final, tout le monde a ce rêve. Aujourd'hui, on y est. 

Toi, tu as vécu 2013. Qu'est-ce qui change?

Déjà, tu ne sais jamais combien de finales tu joueras dans une carrière. Et puis une finale, c'est autre chose: il n'y a plus qu'un seul match en Suisse, tout le monde regarde. Mais il ne faut pas penser trop loin, rester dans le présent.

Avec toute l'euphorie à Fribourg, c'est gérable?

C'est difficile, mais c'est surtout beau. Les gens sont derrière nous, ils vivent ça à fond. Il faut prendre cette énergie. C'est quand même plus agréable que quand tu dois te justifier après une élimination.

Durant la demi-finale, tu as manqué un match. Tu n'étais pas présent à Genève, non?

Exact, j'étais à la maison.

Quand tu regardes un match depuis chez toi, tu vis ça comment? Comme un supporter des Dragons, un hockeyeur ou un coéquipier?

C'était horrible (rires) et presque plus stressant que sur la glace. À la maison, je suis entouré de supporters, ça crie tout le temps! Moi, j'intériorise, mais j'analyse tout. Je ne peux pas juste regarder comme un fan. Un joueur prend un puck, je regarde s'il a l'air blessé. S'il est de retour pour le shift suivant. Je regarde les aspects tactiques et plein de petites choses. Faudra que je m'y habitue bientôt.

Et à Fribourg, tu n'es pas du genre à aller dans les places debout comme d'autres l'ont fait?

Non, je n'aurais aucun souci. J'ai toujours eu envie d'avoir ce côté accessible, cette proximité avec tout le monde. Quand on parlait de mon futur, j'ai toujours dit que j'avais envie de continuer à donner quelque chose aux gens. Mais depuis le premier jusqu'au dernier rang et en passant par tous les étages. C'est très important pour moi. Mais après, j'ai 40 ans (rires). Et à 40 ans, je crois que les gens commencent à chercher des places assises plutôt que d'être au beau milieu des ultras. Mais je crois que je serais à l'aise partout.

On a beaucoup parlé de ta dernière saison. Tu sens une évolution en ce qui concerne les énergies entourant cette retraite? Entre les émotions négatives du début et la pression, y a-t-il eu un changement aujourd'hui?

J'y pensais justement hier soir. Oui. En quart de finale, c'était très émotionnel. Le tifo, ma famille, l'idée que ça pouvait être mon dernier match… Ça m'a beaucoup touché. Et aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est devenu plus collectif. On ne joue plus «pour Julien», mais pour le club, pour le canton. Et ça, ça me soulage.

Comment as-tu vécu cette série contre Rapperswil?

Émotionnellement, c'était très chargé. Ça m'a beaucoup remué. Et puis j'ai commencé à ruminer. Après, bien sûr, tu te dis, on a eu une super saison. Moi, j'ai eu une carrière géniale. Mais je n'avais pas envie de finir un lundi soir pluvieux à Rapperswil. C'est vrai que cela me trottait dans la tête et j'étais peut-être un peu bloqué là-dessus. Après, quand on a passé les quarts, on savait aussi que cet échec sportif était derrière nous. Parce que la demi-finale, maintenant, ça peut jouer sur un détail, un petit truc. On avait atteint la demi-finale pour ma dernière saison. Ce n'était pas l'objectif final, mais quand même. C'était déjà une plus grande réussite et donc un soulagement. Je me sentais quand même beaucoup plus léger contre Genève.

Tu arrives mieux à gérer ces émotions aujourd'hui?

Oui, mais certaines choses étaient nouvelles et inconnues. Le tifo, tout ce qui s'est passé autour de moi… ça m'a vraiment brassé. En même temps, je ne voulais pas me fermer à ça. J'avais envie de le vivre à fond parce que ça fait partie des choses que j'ai envie de prendre avec moi. Et dans le même temps, je n'avais jamais dû gérer ça. En presque 25 ans, j'en ai vécu des choses, des blessures, des victoires, des défaites. Ce sont des choses que je maîtrise et je sais ce qu'il faut dire pour les encaisser. Mais quand tu es une minute avant le début d'un match et que tu vois tout ça... Ça te touche.

Tu ne t'y attendais pas?

Je savais qu'il y avait quelque chose de prévu, mais je ne savais pas que ça allait être un truc pareil (rires). Je ne pensais pas que ça allait me brasser autant de voir ces images avec Andrei (ndlr Bykov), avec Beni (ndlr Plüss), la victoire à la Spengler. Partout où je regardais, il y avait des gens de ma famille. Il y avait mes enfants sur la glace qui accueillaient les top scorers. Ça faisait beaucoup. Vraiment beaucoup. Donc oui, ça m'a touché comme jamais. Mais c'est vrai qu'après, d'un point de vue sportif, ce n'était pas facile.

On sent un groupe très fort. Il y a eu un déclic?

Le coach a fait un énorme travail. Dès le début, il a insisté sur une chose: pas de différences entre les joueurs. Tout le monde sur un pied d'égalité. Et ça se ressent aujourd'hui.

C'est différent de 2013 dans l'approche?

Oui. À l'époque, on fêtait chaque étape. Aujourd'hui, le club a grandi. On ne veut plus juste aller loin, on veut gagner.

Même dans les détails, ça se sent?

Oui, car finalement le statut de Gottéron a également changé. Les ambitions du club, avec l'arrivée de la nouvelle patinoire, ont aussi changé. Sur les trois dernières saisons, on a fait deux demi-finales et une finale. Fribourg fait partie des équipes qui jouent le haut du classement. Et cela se voit même dans la gestion de cette finale. Après une qualification, on boit une bière, on rentre chez nous. Avant, on faisait la fête. Aujourd'hui, c'est plus maîtrisé. Tout est plus professionnel qu'à l'époque.

Ton rôle dans ce club, tu l'as construit sur la durée…

Oui, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Représenter Gottéron, ce n'est pas seulement sur la glace, c'est 365 jours par année. J'essaie de représenter le club, ses valeurs et de donner la meilleure image possible de ce club. J'ai évolué avec Fribourg Gottéron aussi. J'ai commencé tout en bas. Au début, on a eu des années difficiles. J'ai beaucoup appris des joueurs qui étaient plus âgés, plus expérimentés. Et puis je pense que ça fait partie de ma personnalité aussi. J'apprécie ça, j'aime ça. J'aime aller au contact. prendre mes responsabilités, quand ça va bien et quand ça va moins bien.

Tu sais déjà ce que tu feras après ta carrière?

Pas encore. On a un peu discuté, mais j'ai tout mis de côté pendant les play-off. J'ai envie de continuer à donner, d'avoir un rôle actif. On verra ça après. Pour l'instant, je n'ai pas de rôle clair. J'ai essayé d'aider ce club durant presque 25 ans sur la glace. J'ai envie de continuer à donner en dehors de la glace. Je pense que j'ai encore pas mal à donner, mais différemment. Je pense qu'on va discuter au mois de mai.

Grégory Beaud

blick.ch

Où regarder Fribourg-Gottéron - HC Davos?


Fanzone devant la BCF Arena (Fribourg)

Le dispositif classique des grands soirs. Une fanzone est installée devant la patinoire pour les matchs à domicile, permettant aux supporters sans billet de vivre l'événement à deux pas de la glace.


Korso (Fribourg)

Le cinéma fribourgeois propose une diffusion en cinémascope. Une alternative originale pour suivre les matchs sur grand écran.


Café du Soleil Blanc (Fribourg, basse-ville)

La maison a prévu un shot offert à chaque but des Dragons. Une animation qui devrait animer les soirées, à condition que Gottéron soit inspiré.


Globull (Bulle)

La discothèque gruérienne diffuse les matchs de la finale. Une option pour les supporters de la région qui souhaitent suivre la série en groupe.


Tea-room Le Gottau (Saint-Aubin) — rebaptisé Le Gottauron pour l'occasion

Le tea-room de Saint-Aubin s'est mis aux couleurs des Dragons, jusqu'à changer temporairement d'enseigne. Un rendez-vous pour les supporters de la Broye.


AfterWork ArtiChoke (Estavayer-le-Lac) — vendredi 24 avril uniquement

Une seule date: le match 4, vendredi 24 avril. L'établissement d'Estavayer ouvre ses portes pour l'occasion.


Le Rural (Givisiez)

C'est la Jeunesse de Givisiez qui organise les soirées, fondue comprise.


La Télé

Tous les matchs de la finale sont retransmis en direct sur la Télé


Nathan Clément

Frapp.ch

16 avril 2026

Wallmark ne resterait finalement pas dans le championnat suisse

 

Björklöven, tout proche d’une possible promotion en SHL, aurait déjà sécurisé un renfort de poids pour l’avenir. Selon Expressen, le club d’HockeyAllsvenskan aurait trouvé un accord avec Lucas Wallmark, avec un engagement valable à long terme quel que soit le niveau de l’équipe la saison prochaine.

Le centre suédois de 31 ans, actuellement sous contrat avec Fribourg-Gottéron et engagé en finale des play-offs en Suisse, devrait quitter la formation fribourgeoise à l’issue de la saison. Son retour au pays prend forme après plusieurs années passées à l’étranger, notamment en NHL, en KHL et en Suisse.

Le directeur sportif de Björklöven, Per Kenttä, reste toutefois prudent, affirmant qu’aucun accord n’est officiellement signé, malgré les informations relayées par le média suédois.

swisshabs.ch