Ils sont là. Fribourg-Gottéron a dévoilé ce jeudi les maillots pour la saison 2026-2027. Cette année, les champions suisses retracent leur histoire.
Mattia Pillonel
"Le dragon est une légende, les légendes ne meurent jamais"
Ils sont là. Fribourg-Gottéron a dévoilé ce jeudi les maillots pour la saison 2026-2027. Cette année, les champions suisses retracent leur histoire.
Mattia Pillonel
Roger Rönnberg travaille depuis une année en Suisse et il a déjà très bien cerné la mentalité de ses joueurs, lesquels ont mis énormément d'énergie pour battre Genève et Lausanne la semaine dernière lors des Hockeyades et un peu moins pour se défaire des Dragons de Rouen (6-2) mercredi lors de leur premier match dans la Coupe des Bains. «Lorsque nous jouons contre Genève ou Lausanne, même en match de préparation, les gars sont davantage concentrés. C'est plus facile de les motiver», a admis le Suédois, interrogé par Blick, après cette victoire mitigée face à la formation normande.
Gottéron a en effet livré une deuxième période assez poussive, perdue 0-2, ce qui a interloqué beaucoup de ses supporters dans une patinoire d'Yverdon garnie de plus de 1000 spectateurs, dont une bonne centaine venue soutenir Rouen, d'ailleurs. Le premier et le dernier tiers, tous deux remportés 3-0, ont été de meilleure facture. A leur décharge, les Fribourgeois étaient privés, volontairement ou non suivant les cas, de Marcus Sörensen, Nathan Marchon, Yannick Ratgheb, Andrea Glauser, Sandro Schmid, Henrik Borgström, Jamiro Reber et Alessio Guignard, ce qui fait tout de même beaucoup.
Le premier but de Théo Zosso avec Gottéron
«Oui, nous avons des joueurs importants absents et, ce soir, je ne regarde pas l'équipe en me demandant à quoi elle ressemblera lorsque le championnat débutera. Elle sera différente dans quelques jours, c'est évident. Sandro sera bientôt de retour je l'espère, tout comme Henrik et Marcus. Ce qui me plaît ce soir, c'est que plusieurs jeunes ont pu montrer leurs qualités. J'ai bien aimé leurs performances. Théo Zosso a marqué son premier but avec nous, Lucas Hedlund a aussi marqué. Et j'ai bien aimé la ligne avec Jan Dorthe, Kevin Etter et Danielus Cecekovas. Donc oui, ce soir, dans les points positifs je retiens les prestations de nos jeunes joueurs. Et c'est important, parce que développer de jeunes joueurs fait partie de notre projet, comme tout le monde le sait», précise Roger Rönnberg.
En plus des buts de Théo Zosso et Lucas Hedlund, Gottéron a trouvé le chemin des filets par Michael Kapla (après 27 secondes!), Jonas Taibel, Maximilian Streule et Christoph Bertschy. Et le coach suédois, s'il aurait aimé plus de maîtrise, sait aussi que son équipe se trouve dans une phase intense de sa préparation physique et ne peut pas se montrer trop exigeant. «Les jambes ne sont peut-être pas très fraîches en ce moment, mais c'est normal. C'est même notre plan, parce que la saison est longue.»
Elle le sera d'autant plus que les Dragons sont engagés en Champions League et qu'il n'est pas question de bâcler cette compétition. Surtout pas, même. La question fait d'ailleurs tiquer Roger Rönnberg. «Zurich l'a fait il y a deux ans, non? S'ils peuvent le faire, on le peut aussi. Notre objectif est de lutter pour gagner les deux compétitions.» Aucune hésitation dans la voix, aucune excuse à jouer tous les trois jours: Gottéron sera ambitieux cette année encore.
Guin, puis l'Autriche
La préparation continue avec un match face à Bremerhaven vendredi à 19h30 à Guin, toujours dans le cadre de la Coupe des Bains, une compétition qui plaît à Roger Rönnberg. «C'est très bien que nous ayons la possibilité de jouer dans des endroits différents, comme Yverdon et Guin, c'est important pour Fribourg de pouvoir aller à la rencontre des supporters».
Après le Nord vaudois et la Singine, Gottéron passera quelques jours en Autriche pour y débuter la Champions League. Premier match, le 3 septembre à Graz. Deuxième confrontation deux jours plus tard à Klagenfurt.
Tim Guillemin
Fribourg Gottéron a remporté ses deux matches aux Hockeyades de la Vallée de Joux, les deux fois sur le même score (4-3) face à Genève et Lausanne. Vendredi, face aux Lions, le but de la victoire a été inscrit par Kevin Nicolet. L'occasion parfaite pour Blick d'aller s'entretenir avec l'attaquant fribourgeois de 23 ans.
Kevin, à quel point est-ce important de gagner, même en préparation, et de remporter deux victoires en deux soirs?
On ne joue que pour ça! Sincèrement, ça fait toujours du bien au moral de gagner, même si ce n’est pas la chose la plus importante en match amical.
C'est quoi le plus important?
Se remettre dedans, intégrer les nouveaux joueurs et perfectionner le système de jeu. Après, on est des compétiteurs, donc on veut gagner. Lausanne voulait aussi la victoire, et ça s'est joué à peu à la fin.
Et c'était même parfois assez chaud pendant le match entre vous...
C'est toujours comme ça contre Lausanne, ça fait partie du jeu (rires).
Le public était à fond, vous sur la glace aussi... C'est le championnat avant le championnat! C'est une bonne chose d'affronter Genève et Lausanne? Tu ne préférerais pas des matches moins émotionnels?
Non, non, franchement, je préfère ça. Comme ça, on est directement dedans, on se met dans le rythme et on est prêts pour le championnat, plutôt que d’avoir des matches où ça joue un peu plus tranquillement. Après, s’il y a un gros choc, on est directement dans le bain. Je trouve que ce n’est pas plus mal.
La préparation est dure physiquement ou ça va?
En me posant cette question comme ça, je crois que tu ne connais pas notre coach (rires)! Il est très réputé pour ça aussi. On patine beaucoup à l’entraînement. C’est très intensif et c'est indispensable. On a un système de jeu où il faut beaucoup patiner et mettre beaucoup d’intensité. Si on veut tenir ce rythme tout au long de la saison, on doit s’entraîner fort. C’est ce qu’on fait pour le moment. On va continuer les deux prochaines semaines avant la Champions League et ne jamais lâcher la pression. On est repartis pour une longue saison, on l'espère.
Est-ce que tu penses qu'il y a un risque de relâchement psychologique après le titre de champion? Vous en parlez entre vous dans le vestiaire de ce danger de décompression?
C'est vrai que certaines équipes l'ont connu, on en est conscients, mais je pense que c’est une question de mentalité. Nous, on a dit dès le premier jour que la coupe ne nous appartenait plus. Maintenant, on doit la chasser, on veut aller la chercher de nouveau. C’est avec cette mentalité qu’on va rentrer dans le championnat, en mode chasseur.
Vous voulez déjà la deuxième?
On veut aller au bout, comme les quatorze équipes dans la ligue. On ne va pas dire aujourd'hui qu'on va aller chercher la deuxième, ça ne servirait à rien. Mais on bosse dur et on sait où on veut aller, comme tout le monde. C’était tellement beau la première fois. Forcément, ça donne encore plus de motivation pour le revivre.
Et la Champions League, vous la voulez? Vous avez déjà évoqué cet objectif dans le vestiaire?
Non, on n’en a pas encore parlé dans le groupe. Ce sera sans doute le cas quand on l'aura devant nous. Mais bien sûr qu'on va jouer cette compétition à fond. Comme je te l'ai dit avant, on est des compétiteurs. Tous les matches qu’on peut jouer peuvent nous rendre meilleurs. Donc on va prendre tous les matches au sérieux, jouer à fond. Et puis, si on peut aller le plus loin possible, on ne va pas s'en priver.
Ça fait bizarre de voir le vestiaire sans Julien Sprunger?
Alors moi, personnellement, ça me fait très bizarre. Vraiment, très, très bizarre même. Depuis toutes ces années où je regarde Gottéron jouer, il y a toujours eu Julien. Et depuis que j’ai intégré la première équipe, il a toujours été là. C’est clair que maintenant, entrer dans le vestiaire et ne plus voir son visage, c'est étrange. Et c’est normal de ressentir ça, c’est quelqu’un qui a tellement marqué le club, dans tous les sens du terme... C’est une légende, il n’y a pas d’autre mot pour le décrire. Mais c’est comme ça. Maintenant, il faut passer à autre chose. Je suis très content pour lui qu’il ait pu terminer sa carrière avec la Coupe. On va essayer de continuer de la même manière. Même s’il n’est plus là, ça ne change rien à notre job au quotidien. Au final, sur la glace, chacun doit faire son travail du mieux possible.
Vous avez accueilli un nouvel étranger, Anthony Richard, qui semble déjà bien s’intégrer, avec deux buts ce vendredi contre Lausanne. Qu’est-ce que tu en penses?
Il est excellent! Il met beaucoup de vitesse, il a une très bonne technique, et une vision de jeu impressionnante. Déjà à l'entraînement, je m'étais dit qu'il était fort. Je suis content pour lui qu’il soit récompensé par deux buts ce soir. J’espère que ça va continuer comme ça et je pense que c’est de bon augure pour le début de la saison et du championnat.
Sur un plan personnel, qu’est-ce qui ferait de cette saison une saison réussie pour toi? Tu as fait une bonne saison la saison dernière, avec 7 buts et 6 assists en 46 matches. Tu as envie de plus?
Une saison réussie pour moi, ce serait avoir du temps de glace, continuer à progresser dans tous les aspects du jeu. Devenir un joueur avec un peu plus d’impact encore. Progresser un peu en général dans tous les domaines. Il faut surtout avoir du plaisir, parce que je suis conscient de la chance que j'ai de jouer pour Fribourg, c’est quelque chose d’unique. Je vais profiter encore à fond dès que je suis sur la glace.
Tu t'es fixé un objectif de points?
Je n’en parlerai pas dans les médias, en tout cas (rires).
Tim Guillemin
Yannik Boppart n’aura pas eu besoin de beaucoup de temps pour laisser une première empreinte en National League. Le jeune attaquant de Fribourg-Gottéron, apparu pour la première fois avec l’équipe fanion en janvier dernier, avec un premier but à la clé (la soirée avait pris une dimension supplémentaire lors de la séance de tirs au but, le joueur de 19 ans inscrivant le penalty décisif pour offrir la victoire aux Dragons), aurait désormais franchi une nouvelle étape dans sa jeune carrière avec la signature de son premier contrat professionnel.
Deux jours plus tard, le jeune attaquant était à nouveau aligné par Fribourg-Gottéron, cette fois face au EV Zug. Et l’histoire s’était répétée : Boppart avait une nouvelle fois marqué, tandis que les Fribourgeois s’étaient encore imposés au terme d’une séance de tirs au but. Son passage en National League s’est donc résumé à trois rencontres, trois tirs cadrés et deux buts. D’après gotteronfans, le club fribourgeois lui aurait offert un contrat pro courant jusqu’en 2027 et figure dans l’effectif de la première équipe. Et porterait le No 45.
Le maillot du Dragon sur les épaules, le sourire large. Jeudi soir, au Sentier, Ludovic Waeber a retrouvé les couleurs de Fribourg, son club formateur, quitté en 2020 pour Zurich, l'Amérique du Nord, puis Kloten. Revenu à la maison pour succéder à Reto Berra, le portier de 29 ans savoure des retrouvailles chargées d'émotion. Entretien avec un homme qui a vibré à distance, au printemps, en voyant Gottéron devenir champion de Suisse.
Qu'est-ce que ça fait de remettre ce maillot?
Vraiment du bien. Ça fait très plaisir. C'est une impression de déjà-vu et, en même temps, tout est nouveau. Fribourg, je connais, c'est la maison. Je peux reparler un peu plus français dans un vestiaire (rires), j'ai retrouvé mes marques assez facilement même s'il ne doit finalement rester plus que Nathan (ndlr Marchon) de l'équipe qui était là lorsque je suis parti.
Tu étais parti comme numéro 2. Là, tu reviens avec un autre statut...
C'est justement ça, le côté nouveau. Quand je pars, je suis derrière Reto Berra; aujourd'hui, je rentre pour prendre la suite. Et il y a eu tellement de changements que je crois être l'un des seuls rescapés depuis mon départ, avec Nathan Marchon.
Cette première, il fallait la réussir?
Oui et non. C'est un match de préparation sur une glace dégueulasse et ça faisait un moment que je n'avais plus disputé de rencontre. L'important, c'était de reprendre de bonnes sensations. Mais, au fond, je voulais quand même livrer un bon match. Le but, c'est d'avancer pas à pas, toujours dans la bonne direction.
La pression de revenir à Fribourg, tu la sens déjà?
C'est trop tôt. Je suis quelqu'un qui se met déjà pas mal la pression tout seul. Mais j'arrive à faire abstraction de la pression extérieure. La mienne, celle que je m'impose, est toujours bien plus importante que celle qui vient de dehors. Là, j'en ressens un peu, forcément, mais jamais autant que ce que les gens imaginent de l'extérieur.
Remontons au 30 avril, le soir du sacre. Tu étais où?
À Marrakech, dans ma chambre d'hôtel, avec ma femme et ma fille. J'avais posé l'iPad et on regardait le match tous les trois.
Et on vit ça comment, de si loin?
Avec ma femme, on était très émus. Au moment du but en prolongation, je ne pouvais même pas crier parce que ma fille s'était endormie (rires). Il y a eu un blanc, on regardait tout le monde sauter sur la glace. D'un coup, j'avais les larmes aux yeux. Je la regarde: elle aussi. C'était la folie totale.
Et la parade, deux jours plus tard?
Le jour de la parade, on rentrait justement. Entre Zurich et Fribourg, ma femme a suivi toutes les images sur l'iPad, c'était marrant. On n'a pas pu arriver à temps pour se joindre à la fête, et je n'y serais de toute façon pas forcément allé. Mais peu importe: j'étais tellement content pour tout le monde. C'était magnifique à voir, même à distance.
Grégory Beaud