Fribourg, l'une des deux villes suisses à accueillir le Mondial de hockey, accueille jeudi soir ses deux derniers matches, puisque le reste de la compétition se déroulera à Zurich. Si l'effervescence n'a pas toujours été au rendez-vous, autorités et milieux du tourisme tirent un premier bilan positif.
Fribourg referme jeudi la page du Mondial de hockey disputé à domicile. Depuis une dizaine de jours, un afflux de supporters étrangers rarement vu dans la ville a été constaté, même si ce n'est pas du tout comparable avec un Mondial de foot par exemple.
Quelque 200'000 visiteurs et visiteuses venus du Canada, de Suède ou de Tchéquie ont envahi Fribourg ces deux dernières semaines, ce qui fait de ce Mondial le plus grand événement sportif de l’histoire du canton.
Pas une effervescence quotidienne
Au coeur de la ville, la place Georges-Python s'est transformée en place du hockey avec une petite patinoire provisoire et différents stands. Et quand on déambule dans la ville pour y arriver, des drapeaux des différentes équipes avec leurs joueurs affichent aussi la couleur.
L'ambiance a été bon enfant, mais il faut admettre qu’on n’a pas senti tous les jours une grande effervescence au centre-ville. La faute à des matchs pas toujours très sexys, comme un Norvège-Slovénie qui n’a attiré que 3000 personnes. Le prix des billets, parfois élevé, a aussi été dissuasif.
Et puis à Fribourg, malgré la ferveur qu’on connaît pour le hockey, une partie de la population n’en avait tout simplement plus autant envie après le titre historique de Gottéron et les scènes de liesse qui ont suivi. Et la déception de ne pas avoir pu voir un seul match de l’équipe de Suisse, qui a joué toutes ses rencontres à Zurich, a aussi certainement joué un rôle.
Un taux de remplissage de la patinoire de 75%
Niveau billetterie, les chiffres définitifs ne sont pas encore connus, mais seuls deux matches sur les 28 joués jusqu’ici dans ce Mondial ont été disputés à guichets fermés avec 7500 personnes. La patinoire de Fribourg a cependant été remplie à environ 75% en moyenne. Ce bilan est réjouissant, selon les organisateurs, car ce n'était pas gagné avec des affiches pas toujours très attractives.
"Le bilan est très positif", a relevé dans le 12h30 Romain Collaud, conseiller d'Etat en charge des Sports et de la Sécurité, car l'objectif était un remplissage de la patinoire de 65%. "Notre but était d'amener le plus de monde possible à la patinoire et on a vu des matches avec énormément de monde", a-t-il ajouté, évoquant aussi les 10'000 écoliers et écolières amenés dans la patinoire.
Une vitrine pour le tourisme
L'Union fribourgeoise du tourisme, elle, se réjouit de la vitrine offerte à Fribourg à l'étranger avec la présence de 250 médias et elle compte en profiter jusqu’au bout avec les deux derniers quarts de finale, dont un alléchant Canada-Etats-Unis.
Aussi dans le 12h30, Sophie Rouvenaz, présidente de l’Association fribourgeoise des hôteliers, salue les bons échos de la manifestation et la mise en avant de la région, mais déplore que cette 'hockeymania' ne soit pas allée beaucoup plus loin que la ville de Fribourg et n'ait pas assez touché le reste du canton. Selon elle, en ce mois de mai généralement toujours favorable pour le tourisme dans le canton, le Mondial de hockey a amené du monde, mais tout autant que la Fête fédérale de musique de Bienne par exemple.
Les chiffres exacts pour l'hôtellerie et la parahôtellerie ne sont pas encore connus, mais plusieurs hôtels ont fait le plein en ville de Fribourg. "C'est déjà une grande réussite", selon Romain Collaud. "On a vu Fribourg partout dans le monde", ajoute-t-il, notant toutefois que les retombées sont difficiles à estimer.
Les campings aussi ont particulièrement bien fonctionné en offrant une alternative moins coûteuse aux supporters étrangers. Avec son prix plus avantageux que celui des hôtels, le camping provisoire aménagé à l'ancienne caserne militaire de la Poya, à deux pas de la patinoire, a ainsi été bien fréquenté, avec un taux de remplissage de 70% en moyenne, essentiellement des supporters tchèques et slovaques.
Mehdi Piccand
Blandine Lévite
Guillaume Rey
Frédéric Boillat


