"Sous un maillot qui se porte avec fierté, si tu le portes; il faudra le mouiller !" Fan's Club Fribourg Gottéron

27 avril 2026

Ils ont fait Payerne - Fribourg à pied

Des dizaines de supporters ont relié à pied, vendredi après-midi, Payerne à la BCF Arena
Les Black Eagles en marche pour Gottéron
Charly Rappo


Fribourg-Gottéron est en mission. Ses supporters aussi. Des dizaines d’entre eux avaient répondu à l’appel des Black Eagles, l’un des trois fan-clubs broyards, hier après-midi. Leur mission, relier Payerne à la BCF Arena à la force des mollets, avant l’acte IV de la finale contre Davos. Au départ, l’ambiance est survoltée, le soleil radieux, idéal pour marcher. Revêtus de tee-shirts bleus et maillots autour de la taille, les fans sont chauds et scandent déjà les «Ici c’est Fribourg» et «Au titre».

Une marche similaire avait été organisée en 2013, année de la dernière finale disputée par les Dragons

Le cortège ne passe pas inaperçu, suscitant la curiosité des automobilistes et des vaches. A sa tête, Sébastien Tappy, initiateur de l’événement. «La plupart des participants ont pris congé, c’est magnifique cette ferveur!» Le Broyard avait organisé la même marche symbolique en 2013, année de la dernière finale disputée par les Dragons. L’attente pour en vivre une nouvelle aura été interminable. «Depuis, la barbe est grisonnante et j’ai choppé du ventre», admet celui que rien ne prédestinait à être fan de Gottéron. «A la base, je viens d’une famille pro-Lausanne. Quand j’étais gamin, mon papa m’avait emmené voir un match à Fribourg. Ce jour-là, Fribourg avait gagné 6-0 contre le LHC. Je lui avais dit qu’il était hors de question de supporter son équipe. Depuis, je suis devenu accro à Gottéron.»

Le plus grand drapeau

Plus loin, Fabien Ansermet exhibe un drapeau à la taille impressionnante. «C’est le plus grand de la patinoire», dit-il fièrement. «On a fabriqué un truc pour soutenir le poids du mât. C’est bien plus agréable à porter. Il faut juste faire attention aux fils électriques et aux arbres.» Exilé à Fleurier par amour, le Broyard d’origine ne rate pas un match et a transmis le virus à ses deux filles de 11 et 3 ans. «La dernière adore venir. Bon, en général, elle dort à partir du deuxième tiers. Je dois la porter d’une main et de l’autre le drapeau. Quand Gottéron marque, je la lance à un camarade pour déployer la bannière.»

Mathieu Studer est lui aussi un fidèle supporter. En 2013, son fils Mathéo, 15 ans, était alors dans la poussette. «Il m’accompagne aujourd’hui, avec ses frères Nino, 13 ans, et Léo, 11 ans, qui ont utilisé leur congé joker pour venir, ça fait plaisir de les voir prendre le relais», savoure-t-il.

Une longue attente

Les kilomètres défilent. Le soleil commence à taper. Pas de quoi décourager les courageux marcheurs. «Je suis prêt à transpirer et à prendre un coup de soleil pour insuffler de l’énergie à l’équipe. Aux joueurs de faire le reste», confie Patrick Schopfer, président du fan-club. L’habitant de Gletterens attend le titre depuis 1980, comme Paul Andrey et Doris Lenweiter, fans de la première heure. «On est affamés», soufflent les deux supporters, fiers de voir enfants et petits-enfants suivre leurs traces. «Ce fan-club, c’est une grande famille!»

Gottéron champion. Quelles folies ces fans invétérés seraient prêts à faire si ce rêve devenait réalité? «Je n’y ai pas vraiment réfléchi», glisse Sébastien Tappy. «Je ne me fixe aucune limite», affirme Patrick Schopfer. «Je suis capable de tout. J’ai arrêté mes vacances il y a trois semaines pour suivre les demi-finales», ajoute-t-il. «On va tous faire une connerie, c’est probable, mais ce sera improvisé», annonce Mathieu Studer.

Accompagnés dans les derniers kilomètres par un concert de klaxons et d’encouragements, les Black Eagles ont rejoint la BCF Arena après 20 km et cinq heures d’efforts. Fatigués. Mais pas assez pour ne pas crier et encourager leur équipe de cœur à gorge déployée.

Alain Schafer

laliberte.ch