Samedi soir, des ultras des deux camps ont tenté d’en venir aux mains dans la Vaudoise aréna après la victoire 2-0 du LHC. Vers 22h45, deux supporters lausannois ont ensuite été agressés en gare de Prilly-Malley par des ultras fribourgeois, comme précisé par la police vaudoise, qui seraient descendus de leur car. Grièvement blessés, ils ont été conduits au CHUV. Une instruction pénale est ouverte.
Pour John Gobbi, l’affaire est aussi personnelle. «Je suis très déçu et très triste. Mon fils de 10 ans était au match. Ça fait réfléchir et ça m'agace, lâche le CEO de Gottéron. Une bonne ambiance, c’est important, mais elle doit être respectueuse. On ne peut pas avoir des débordements pareils. Je condamne fermement à titre personnel, mais aussi en tant que dirigeant de Fribourg-Gottéron. Comme champion en titre nous devons donner une autre image»
«Des mesures très dures»
Encore «à chaud» 24 heures après les faits, le dirigeant veut laisser l’enquête aller à son terme avant d’arrêter des décisions. Mais le ton est donné. «Nous, à Fribourg, on va être extrêmement sévères. On va prendre des mesures, peut-être même très dures. Il faut comprendre ce qui s’est passé, qui a fait quoi, et aider les autorités à punir. C’est inacceptable.»
Selon lui, le problème se résume à un petit groupe. «Il faut cibler ces 10-15 personnes qui donnent une image très négative», estime John Gobbi, qui en appelle à la responsabilité interne des groupes ultras et des fan-clubs. «Ils les connaissent. C’est aussi leur responsabilité par rapport à l’image qu’ils véhiculent à l’extérieur. Nous, on veut des familles et des enfants dans les patinoires et les stades.»
Le dirigeant rappelle le travail effectué en amont. Les déplacements des groupes ultras sont organisés par une autre compagnie privée, mandatée directement par les ultras eux-mêmes. Les ultras organisent donc eux-mêmes leurs déplacements et transmettent les informations correspondantes à la Police cantonale ainsi qu’au responsable de la sécurité du club. Le club rencontre aussi régulièrement ses fans club en début de saison, et un délégué aux fans ainsi qu’un responsable sécurité sont engagés au quotidien. «On fait le maximum, mais il y aura hélas toujours des choses comme ça qui peuvent arriver», reconnaît-il.
Le sujet sera abordé avec la National League. Et John Gobbi ne cache pas que la répétition de tels incidents pourrait avoir des conséquences pour tout le monde. Une fermeture des secteurs visiteurs? «Si ça continue, ça peut arriver. Il y a un risque que d’autres mesures doivent être prises au niveau national. Pas seulement dans le hockey, mais aussi dans le football.»
Grégory Beaud