L'été a été court, pour Fribourg. Après le titre et de longues festivités, le grand chapiteau des Mondiaux s'est ensuite arrêté à la BCF Arena. Mais pas question de prendre la grosse tête pour autant. Gerd Zenhäusern, le directeur sportif des champions de Suisse, explique depuis les tribunes de la patinoire d'Yverdon que l'heure n'est pas au repos sur les lauriers pour sa troupe.
Est-ce que vous, vous avez pu prendre des vacances cet été?
Oui. En fait, chaque été, je prends trois semaines en juillet, dès que l’école est finie. Ce sont un peu mes seules de l'année, donc je suis obligé de partir! Sinon, je pense que ma famille me quitterait (rires)...
Et c'était comment ensuite? Moins de pression après le titre ou plus parce que vous êtes attendus au tournant?
En fait, la pression est constante, que tu gagnes ou que tu perdes. Ce sont surtout les attentes que nous avons envers nous-mêmes. Une fois qu’on a bien fêté ce titre, les compteurs sont remis à zéro. On sait que, cette année, on n’a encore rien gagné. Évidemment, c’est plaisant d’avoir vécu ça, parce que c’était quand même quelque chose d’incroyable. Mais on est motivés pour en avoir encore plus. On a faim, l’équipe a faim. C’est peut-être un départ un peu particulier parce que l’été a été plus court et que les émotions ont été très fortes. Mais l’équipe est très concentrée.
Est-ce que vous avez désormais la certitude que votre recette fonctionne? Ou est-ce que ce sport évolue tellement qu’il faut, vous aussi, constamment évoluer?
Absolument. On doit évoluer en permanence. Notre philosophie, notre façon de voir les choses, tient aussi au fait que nous avons beaucoup de jeunes joueurs. Nous sommes une équipe très jeune et nous savons qu’il existe encore une belle marge de progression à tous les niveaux, notamment sur le plan individuel. Pour nous, c’est très motivant de les voir se développer à l’entraînement. Mais cela ne concerne évidemment pas seulement eux. Tout le groupe est concentré et motivé. Je pense qu’il existe différentes façons de faire. Nous sommes persuadés que la nôtre correspond à nos moyens et aux valeurs que nous défendons. Après, il faut aussi avoir un peu de chance, il faut le reconnaître. Je pense que ce qui a payé, c’est le travail et la résilience, avec aussi cette part de réussite nécessaire.
Votre travail est-il désormais un peu facilité par le fait que, premièrement, Fribourg est devenu une adresse qui gagne et que, deuxièmement, les gens ont pu constater à quel point ce club est particulier?
C’est une bonne question, mais il est difficile d’y répondre. Le fait d’avoir gagné aide, c’est clair. Nous avons prouvé que nous pouvions le faire. Et je pense que les très bons joueurs ont envie de gagner. Ils veulent rejoindre un club qui sait comment le faire. Mais nous ne l’avons prouvé qu’une fois. D’autres clubs ont plusieurs titres à leur actif et ont donc davantage d’arguments. Mais notre titre peut clairement nous aider. L’engouement autour du club, nous le connaissions, mais nous ne l’avions jamais vu à ce point-là. Comme vous l'avez très bien dit, même certains Fribourgeois ont été étonnés.
Nous aussi, nous avons été très surpris. Et nous sommes en plein dedans. Je pense que c’est quelque chose qui peut motiver un joueur. Mais au bout du compte, ce qui compte aussi, c’est le rôle qu’on peut lui proposer. Depuis quelques années, notamment avec la nouvelle patinoire, Fribourg est devenu une destination attrayante. Il y a aussi tout ce que nous mettons en place: mon travail avec les joueurs, leur développement, le coaching staff, etc... Le fait d’avoir gagné ajoute encore une petite couche. Mais à la fin, pour attirer les bons joueurs, il faut aussi ouvrir les portes et leur montrer ce que nous sommes.
Robin Carrel